Intestinal diseases and bacterial enteritis in rabbits

 

 

Esther van Praag, Ph.D.

 

Les lapins répondent à une variété de maladies ou de stress par des dérangements intestinaux, caractérisé par l’apparition de diarrhée. Ceci est plus souvent observé chez les lapins jeunes âgés de 4 à 10 semaines, venant d’être sevrés, que chez les lapins adultes. Elle n’est par contre que rarement observée chez les nouveau-nés, le lait maternel possédant des propriétés antibactériennes qui empêchent la croissance de bactéries pathogènes.

La diarrhée intestinale  est favorisée par les  caractéristiques suivantes liées à la biologie du lapin:

1.     Le lapin est un animal craintif, qui a de la peine à ajuster sa réponse d’alarme (décharge d’adrénaline) à la gravité de la situation.

2.     Le lapin possède une physiologie du système digestif particulier, caractérisé par la cécotrophie (réingestion d’un certain type d’excrément). En cas d’alarme ou de stress, une hormone est sécrétée dans le sang et affecte le système nerveux de l’intestin, ralentissant le passage de la nourriture et bloquant le cycle cécotrophe.

3.     Après un évènement stressant (alarme ou attaque), le contenu du cecum est alcalinisé, ce qui influence l’environnement intestinal. Cette modification influence la flore bactérienne intestinale et des bactéries pathogènes comme Escherichia coli ou Clostridium sp. peuvent se multiplier et devenir dominantes.

4.     L’apparition de la maladie chez les lapins est généralement retardée par rapport à l’évènement stressant, et apparaît quelques jours plus tard.

MediRabbit

 

Adar et Flora prenant soin de leur compagnon malade, souffrant de diarrhée (flèches)

 

Les symptômes de troubles digestifs ou d’une entérite sont constants. Les premiers signes, qui durent généralement entre 1 et 3 jours, passent souvent inaperçues. Le lapin mange moins et présente des signes de constipation. Les excréments d’origine cécaux ne sont en général pas réabsorbés oralement. Après le 5ième jour, une diarrhée modérée apparaît, accompagnée de déshydratation de la peau. La diarrhée consiste en petites quantités d’excréments liquides qui souillent la région anale du lapin. Cette phase peut entraîner la mort, parfois même avant les premiers signes de diarrhée.

Deux ou trois jours plus tard, une forme sérieuse de la maladie se développe. Le lapin refuse de se nourrir et de boire, et développe une diarrhée importante. Souvent il émet un grincement de dents en réponse aux douleurs intestinales et peut tomber dans un coma. A ce stade, le taux de mortalité est élevé. On observe néanmoins des animaux ayant été dans le coma pendant une journée, qui survivent et guérissent en quelques jours.

Un examen post-mortem de l’intestin montre des lésions atypiques. Durant la phase aïgue de la maladie, le contenu de l’intestin est liquide. Son aspect est contusionné ou congestionné. Le cécum apparaît congestionné, avec des raies rougeâtres et est rempli de gaz et un peu de nourriture.

MediRabbit

 

Région anale d’une lapine souillée par des excréments moux, riche en eau et mal formé (flèche)

Tal Saarony

 

Lorsque la production de matière fécale molle devient chronique, une aloécie peut se développer au niveau du ventre. La flèche indiqe de la matière fécale collée à la peau.

Causes

Il y a des causes spécifiques et non-spécifiques à la diarrhée.

Les lapins jeunes répondent mal au stress, surtout durant le sevrage, aux bruits non-identifiés, à un nouvel environnement, et à de nouvelles personnes ou animaux. Un changement de l’alimentation peut aussi entraîner des troubles digestifs. En général, ce n’est pas la nourriture elle-même qui est responsable, mais plutôt sa composition, par exemple un manque de fibre, trop de protéines, un  moulage trop fin, ou une hydration impropre.

Des causes spécifiques de diarrhée peuvent être les antibiotiques (voir : “Antibiotiques dangereux pour les lapins”) ou des nitrates dans l’eau. Certains virus ou bactéries causent des entérites, due au développement anormal de Corynebacteria, Clostridium sp., Pasteurella sp. et Escherichia coli. La salmonellose est rare chez les lapins. Les vers intestinaux, comme les trématodes, les cestodes (vers solitaire), les nématodes (Nématodes parasites), ou protozoaires (Coccidiose) ; tous les parasites intestinaux sont également une cause commune de diarrhée, avec la coccidiose comme principal agent pathogène (voir : Inflammation protozoaire du système digestif : coccidiose).

Entérite bactérienne et mucoide

Une diarrhée mucoïde affecte parfois les lapins en croissance et les femelles allaitantes. Du mucus translucide et gélatineux s’entremêle aux excréments provenant du cécum. Ce type particulier d’entérite possède plusieurs causes, parmi lesquelles une origine bactérienne ou des défauts nutritifs (manque d’eau, nourriture pas assez riche en fibres).

MediRabbit

Kim Chilson

 

“Fils” de mucus (gauche) ou “bouchon” de mucus (droite) excrété parmi le matériel fécal. La présence de mucus est fréquemment observée une fois que la diarrhée a disparue.

Une entérite d’origine bactérienne se développe rapidement, en 3-4 jours, causant la mort de l’animal avant apparition de la diarrhée. Les bactéries comme Clostridia perfrigens et Escherichia coli sont à l’origine des entérites bactériennes. Chez un lapin sain, le nombre de colibacilles présent dans les excréments est relativement bas, (102 - 103 / gramme d’excrément), il est par contre élevé chez les cas présentant de la diarrhée. Escherichia coli est parfois observé en présence de coccidia. La bactérie produit des toxines, mais il semblerait que leur présence dans le système digestif ne soit pas seul en cause de la diarrhée. Il faut un stress supplémentaire additionnel pour induire de la diarrhée, comme par exemple une nourriture non-équilibrée ou un choc thermal.

Clostridium perfrigens existe en 5 formes, classifiées selon leur production de toxines. Ces toxines provoquent généralement des lésions locales dans l’intestin, mais parfois leurs actions peuvent affecter des organes tels que le foie et les reins.

Escherichia coli possède cinq mécanismes pour envahir l’intestin et causer une maladie. Parfois cette bactérie possède des toxines. Les bactéries envahissent l’intestin en adhérant aux vili des entérocytes et commencent à proliférer. La présence des toxines stimule la sécrétion d’eau et d’électrolytes par la muqueuse intestinale. La prolifération et la production de toxines entraînent l’apparition de diarrhée.

Traitement

Une cure contre les entérites d’origine bactériennes arrive souvent trop tard, car la maladie progresse rapidement. Une cure antibiotique et ceux à dérivés sulfonés permettent de prévenir la dispersion de la maladie à d’autres lapins. Des produits anti-diarrhées peuvent arrêter la diarrhée, comme le Hylak, un concentré de ferments lactiques. L'administration de cholestyramine permet de lier les toxines libérées par les bactéries pathogènes, comme les toxines a de Clostridium perfrigens. Les poudres ou pâtes probiotiques, même si cntroversée, permettent la roissance des bactéries entériques saines.

Si le lapin est déshydraté. il faut lui administré des fluides sous-cutnés.

En cas de croissance excessive de levures, ceci peut être traités en réduisant la quantité de carbohydrates dans la nourriture ou avec de la nystatine.

Information supplémentaires

Jones JR, Duff JP. Rabbit epizootic enterocolitis. Vet Rec. 2001 Oct 27;149(17):532. 

Hoop RK, Ehrsam H, Keller B. 10 years of rabbit autopsy--a review of frequent disease and mortality causes. Schweiz Arch Tierheilkd. 1993; 135(6-7):212-6. 

Tribe GW, Whitbread TJ, Watson GL. Fatal enteritis in rabbits associated with a spirochaete. Vet Rec. 1989; 124(22):595. 

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Sinkovics G. Rabbit dysentery: 3. Diagnostic differentiation. Vet Rec. 1978 Oct 7; 103(15):331-2. 

Patton NM, Holmes HT, Riggs RJ, Cheeke PR. Enterotoxemia in rabbits. Lab Anim Sci. 1978; 28(5):536-40. 

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Merci à Adar, Flora, Stampi et Gozal pour leur contribution.

Merci à Kim Chilson et Tal Saarony pour leurs photos.

 

 

 

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